Annonce de la candidature 0:00
Journaliste. Avec une élection présidentielle qui se profile dans moins d'un an. Cet après-midi, la France insoumise a réuni ses élus pour désigner celui ou celle qui les représentera en 2027. Bonsoir Jean-Luc Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon. Bonsoir madame.
Journaliste. Alors dites-nous, votre parti vous a-t-il choisie ? Êtes-vous candidat à la présidentielle ?
Jean-Luc Mélenchon. Oui, je suis candidat. Si vous voulez, c'est le contexte et l'urgence qui ont fixé la décision insoumise.
Journaliste. Oui. Parce que la dernière fois, vous aviez dit que vous souhaitiez être remplacé. qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?
Jean-Luc Mélenchon. Ah, pas du tout. J'ai pas changé d'avis. Je l'ai été dans toutes sortes de fonctions, c'est-à-dire l'essentiel de ce que je faisais. Et puis là, euh la discussion s'est pas porté sur quel est le meilleur candidat du point de vue de je ne sais quoi, quelle esthétique, c'était qui est-ce qui est le mieux préparé pour faire face à la situation qui arrive ? Et permettez que j'en dise un mot sans vouloir affoler, mais pour être lucide. Nous entrons dans une saison très agitée de l'histoire du monde. Nous sommes menacés d'une guerre généralisée. Nous sommes menacés par un changement spectaculaire du climat qui va avoir lieu là.
Et puis nous avons une crise économique et sociale qui s'avance vers nous. Alors face à tout ça, pour pas simplement se contenter de réagir mais dans chaque crise tirer une opportunité pour le pays pour tenir bon et bien ça ne s'improvise pas. Voilà. Et puis l'urgence...
Journaliste. il fallait quelqu'un d'expérience ? C'est ce que vous nous expliquez ?
Jean-Luc Mélenchon. Je vous laisse le l'appréciation, le commentaire. On va dire oui. C'est comme ça qu'on a conclu. Et puis il y a un paramètre qui ne doit pas vous échapper. Nous sommes maintenant une équipe nombreuse et tout le monde le sait, le voit et ce sera d'ailleurs la grande caractéristique de cette campagne. Cette équipe va se déployer partout et regardez bien leur visage. Beaucoup sont très populaires parce que c'est les visages de notre futur gouvernement. Maintenant, si vous permettez un mot aussi sur l'urgence, enfin tout de même, vous venez de le dire, nous sommes à moins d'un an du 2e tour de l'élection présidentielle et quoi les divisions internes dans les partis font qu'il y a une multitude de candidatures et c'est la confusion.
C'est irresponsable. Nous, c'est carré. Il y a une équipe, un programme, un seul candidat et on se met au travail. Alors, avec votre permission, j'appelle au soutien populaire en demandant à qui le veut d'aider en donnant son parrainage sur melenchon2027.fr. C'est un peu classique mais il faut le faire parce que c'est l'investiture qui compte pour moi.
Prix des carburants 2:38
Journaliste. On reviendra à la politique politicienne dans un instant mais vous avez évoqué cette grave crise sociale qu'on traverse notamment avec les prix du carburant qui qui ont explosé. Vous vous proposez quoi aujourd'hui pour résoudre cette crise planétaire ?
Jean-Luc Mélenchon. Oui. Bah déjà, il faut faire face hein et pas croire à la magie comme le font tous les libéraux. Alors, ils se disent "C'est le marché aujourd'hui, ça augmente, demain ça baissera. De quoi vous plaigniez-vous ?" Non, il faut regarder bien en face ce que ça veut dire ce qui est en train de se passer. Une masse de gens sont en train de se faire voler une partie de leur salaire pour payer l'essence qui notamment leur sert à aller au travail. Donc moi, je ramène tout ça à du concret, hein.
Jean-Luc Mélenchon. Oui.
Jean-Luc Mélenchon. C'est leur salaire qui passe directement dans les poches des actionnaires de Total. Si je ne vais parler avec l'ancien vocabulaire, je vous dirai c'est de l'argent qui passe du travail au capital.
Journaliste. Mais que faites-vous ?
Jean-Luc Mélenchon. Oui. Oui. Donc on bloque les prix.
Journaliste. Vous savez que les économistes trouvent que c'est une mesure très dangereuse.
Jean-Luc Mélenchon. Oui, les économistes libéraux, les autres pensent le contraire. On bloque les prix. Car sinon, qu'allez-vous faire ? Des primes ceci, des chèques cela, c'est-à-dire continuer à piocher dans un budget et augmenter la dette ou bien quoi encore ? Enlever des taxes, on me dit mais tout ça est absurde. L'État lui aussi consomme des carburants. Donc d'une autre manière, on appauvrirait l'État. Non, c'est à Total. Écoutez, je dis au patron de Total quand même quelque chose d'assez simple. Vous allez pas mourir si vous bloquez les prix. Vous avez gagné l'année dernière plus qu'aucun groupe capitaliste dans toute l'histoire de France a gagné.
Journaliste. Permettez-moi de revenir quand même sur les faits. Le groupe Total ne fait aucun bénéfice en France. Sa filière française est déficitaire et les conventions internationales interdirait à la France d'aller taxer un bénéfice à l'étranger. Quand même important de le préciser
Jean-Luc Mélenchon. non mais je ne suis pas d'accord avec ça. Non non non, ce ne sont pas des faits total et non mais écoutez, je vais lui prendre ... une madame, supposons que vous ayez raison. On va pas se faire la guerre sur ce plateau. Oui. Oui. Mais il y a plein de gens qui racontent des tas de choses et ensuite qui les dément. Et bien c'est donc sur le super profit qu'il faut prendre et tout prendre mais nous devons bloquer les prix. C'est insupportable et ceux qui disent que c'est supportable c'est qu'ils n'ont pas les mêmes revenus que le commun des mortels. Maintenant parlons des causes. Enfin tout ça ne tombe pas du ciel.
C'est pas une erreur qu'aurait commis les pauvres gens qui ne seraient pas allés assez travailler. Tout ça c'est une guerre déclenchée par des gens par deux pays Israël et les USA. Et qui a déclenché cette situation ? Il y a donc une cause politique et donc la réponse sera politique.
Situation internationale 5:10
Journaliste. Vous président, la France aurait une position différente face à un Trump imprévisible.
Jean-Luc Mélenchon. Évidemment, laissez-moi vous dire ça.
Journaliste. Qu'est-ce que vous auriez pu ?
Jean-Luc Mélenchon. Si on s'en était occupé sérieusement, le massacre aurait été arrêté.
Journaliste. Et mais comment ?
Jean-Luc Mélenchon. Je vais vous le dire à l'instant, mais déjà entendons bien ça. Il y a jamais de situation sans issue. Il y a pas de problème sans solution. Là, le problème a été créé politiquement. Et bien c'est politiquement qu'il fallait le régler. Comment faire ? D'abord la France. La France c'est une puissance normalement pas quelqu'un qui s'agite dans un coin et qui accepte d'être maltraité comme l'est le président Macron qui change tout le temps d'avis. Donc premièrement j'aurais fait du droit international mon drapeau. Deuxièmement j'aurais créé un front du refus avec les Espagnols et nous aurions eu à nos deux...
Journaliste. Ça n'aurait rien changé objectivement...
Jean-Luc Mélenchon. Oui. Non mais ça non non si écoutez-moi des résignés il y en a toujours il faut des gens qui a toujours espoir d'avancer. Je finis ma démonstration. Les espagnols et nous nous sommes capables de rallier une bonne partie des pays d'Amérique du Sud, d'Asie et d'Europe à dire non et on commencerait par une chose, couper le rapport de coopération commerciale de l'Union européenne avec Israël. Israël ne peut pas vivre sans l'Union européenne. Et avec ça, l'embargo sur les armes et avec ça, on bloquait le gouvernement de monsieur Netanyahou parce qu'il faut désigner le responsable. Deuxièmement, même motif pour les USA, pas de survol militaire sur notre territoire.
Et moi, je vous dis, ces deux-là sont des tigres de papier en face d'un monde qui se mobiliserait pour la paix car le monde ne veut pas de la guerre.
La Nouvelle France 6:49
Journaliste. Alors, on va revenir à votre candidature. Une candidature, c'est un homme, mais c'est aussi un programme. Vous avez développé l'idée de Nouvelle France. Est-ce que vous pouvez nous aider à y voir plus clair ? Comment la définissez-vous cette Nouvelle France ?
Jean-Luc Mélenchon. Alors, la Nouvelle France, c'est une analyse d'abord, je suis stupéfait des analyses, des présentations racialistes qu'on fait de mon propos. Enfin, ce pays est devenu fou. Dès qu'on parle de quelque chose, hop, c'est pour en faire une une approche raciste.
Journaliste. Alors, est-ce que vous me permettez de contextualiser pour les gens qui n'ont pas suivi, c'est vrai que Sébastien Delogu qui est de la France Insoumise a beaucoup choqué pendant les municipales en parlant de candidats racisés à Saint-Denis, en parlant de Nouvelle France, Fabien Roussel qui est pourtant de gauche vous accuse de faire du communautarisme et de fracturer la République parce que Nouvelle France, c'est aussi une France ancienne dont on ne veut plus. C'est c'est un peu ça la polémique tout.
Jean-Luc Mélenchon. Tout ça c'est des histoires. Le mot racisé a été créé par des sociologues pour dire les gens qui sont racisés, écoutez bien le mot, ça veut dire que la race, elle existe pas. Elle est dans les yeux de celui qui regarde. Et celui qui regarde voit l'autre d'abord à partir de l'idée qu'il se fait d'une race. Alors disons les choses comme elles sont nouvelles par rapport à quoi ? Faut quand même commencer par un en bout ! 1958. Mais regardez le changement inouï de ce pays. Un français sur trois a un ancêtre étranger. Une famille sur deux à quitté son département d'origine. Enfin, vous ne voyez pas que les femmes les femmes ont un statut complètement différent de celui qu'elles avaient en 1958.
Les jeunes, les personnes âgées qui sont plus nombreuses que jamais. Tout ça, c'est la Nouvelle France. La Nouvelle France, c'est pas un bout de la France contre l'autre. C'est toute la France. Mais de cette Nouvelle France, il faut faire un objet politique. Et cette Nouvelle France, pardon de vous le dire, mais elle est plus connectée, éduquée que jamais. Donc elle veut contrôler. Donc elle veut prendre des décisions. Voilà pourquoi la 6e République, c'est le projet de la Nouvelle France. Tout ça va ensemble. Mais de grâce, arrêtons avec le communautarisme et et la racialisation de tous les problèmes.
Sécurité et police 8:50
Journaliste. Parmi les principales priorités des Français, il y a la question de la sécurité. Est-ce que vous allez en faire un des éléments de cette Nouvelle France ?
Jean-Luc Mélenchon. Mais bien sûr et je vais vous dire pourquoi. Parce que la Nouvelle France, elle déteste les discriminations et les privilèges. Et ce qui menace la France aujourd'hui.
Journaliste. Et la sécurité ? Beaucoup de vos municipalités veulent euh désarmer la police municipale.
Jean-Luc Mélenchon. Des fois elles sont pas armées. Alors pleurez pas. Euh la majorité des communes ne sont pas armées. Il faut là aussi voilà les débats dans ce pays sont devenus irrationnels. Quand on parle de laïcité ou de sécurité tout le monde grimpe dans les tours. Regardons les choses bien en face. Et d'abord, commençons par dire que ceux qui nuit le plus à l'unité du peuple français, ce sont les privilèges et le racisme. Voilà ce que ne supporte pas la majorité des gens maintenant pour la sûreté. Croyez-vous qu'il y a un seul d'entre nous qui dira "Bon non, on s'en fiche Bien sûr que non, mais il y a une manière de traiter le problème, c'est la police de proximité plutôt que les escadrons de CRS en train de contrôler ici et là avec les méthodes que l'on connaît.
C'est un exemple, c'est rapprocher les la police de la population dans une relation détendue, pas d'agressivité. Et puis oui, il faut que la police change de la cave au grenier madame et je le dis devant tous ceux qui nous écoutent, quand on représente avec un uniforme l'autorité de l'État et la loi, on doit être parfait. Pas un peu parfait. C'est dur mais c'est l'objectif. Or, ce n'est pas le cas.
Extrait de janvier et adversaire principal 10:17
Journaliste. Je voudrais quand même vous faire écouter un sonore, une définition de la Nouvelle France que vous avez donné en janvier dernier pendant les campagnes des municipales. Il est intéressant.
Jean-Luc Mélenchon. D'accord.
Jean-Luc Mélenchon. "Nous avons besoin d'élection municipales qui puissent être une démonstration de la capacité de nos liste à incarner la Nouvelle France, celle du grand remplacement, celle de la génération qui remplace l'autre parce que c'est comme ça depuis la nuit des temps."
Journaliste. Une génération qui remplace l'autre, vous vous l'appliquez pas beaucoup cette règle.
Jean-Luc Mélenchon. Ah ben si, je remplace mes parents. Vous aussi ?
Journaliste. Mais vous restez candidat pour la 4e fois.
Jean-Luc Mélenchon. Ah ben écoutez, Chirac l'a été quatre fois. vous aviez pas l'air de vous en plaindre. Et puis euh le président, non, il y a il y a des précédents dans l'histoire, ne vous inquiétez pas. Mais une génération remplace l'autre. Je voulais me moquer de ceux qui parlent du grand remplacement comme de la catastrophe finale.
Journaliste. Et le grand remplacement, c'est un terme d'extrême droite. Est-ce que ça veut dire que le RN est votre seul et unique ennemi dans cette élection ?
Jean-Luc Mélenchon. C'est clair. C'est grotesque ce qu'il raconte. Et le grand remplacement, tant mieux, c'est celui des générations les unes derrière les autres. Tout va bien.
Journaliste. C'est votre seul adversaire ?
Jean-Luc Mélenchon. Ah ben c'est mon adversaire principal puisqu'il paraît qu'il va gagner. Honnêtement, je ne le crois pas. Je sais même pas s'ils seront au 2e tour. La dernière fois, on m'avait mis 20 points derrière eux. À la fin, à un point près, ils étaient pas au deuxième tour. Donc je pense que nous allons les battre à plat de couture pire encore qu'en 2024. Voilà. Et oui, laissez-moi vous dire une chose. Il y a deux visions de la vie. Tous ensemble ou chacun pour soi. Nous, c'est tous ensemble. Voilà quoi j'appelle tout le monde et surtout aidez-moi.
Fin de l'entretien 11:52
Journaliste. Merci beaucoup Jean-Luc Mélenchon d'être venu confirmer votre candidature pour la prochaine présidentielle sur notre plateau.
Jean-Luc Mélenchon. Merci infiniment.
Journaliste. Voilà, c'est la fin de ce journal. Je vous laisse avec votre film du dimanche soir. Le diable s'habille en Prada. Très belle semaine à vous et à vendredi.
Aucun passage ne correspond dans cette intervention.